jeudi 30 juin 2011

Vanité post-moderne ou La fille de l'Inca



Vanité post-moderne ou la fille de l’Inca

Un crâne, une voûte, un objet lisse, poli, sans histoire.
Artifices.
Une lumière létale, un abîme de réflexion.
Irréductible.
Objet hautement radioactif banalisé, posé à même le sacrilège sur une surface plane à côté d’un semblable. Son père, sa mère, son frère, son amant, sa compagne morte en couche ? Un ballon à peu près rond, parcouru d’un mince filet méandreux ; histoires sédimentées vues de hauteurs abyssales.
Succédané.
Dépouillement ultime, sans chair sur les os, réduit au même, altéré mais intact, pour l’éternité.
Anonyme.
La mort effrite les ultimes traces d’histoire singulière.
Concept.
Un crâne concept. Un lys juxtaposé qualifie l’effacement, restitue l’éblouissement.
Histoire radioactive. Attention. Danger. Compréhension. VIE. Imminence d’un sens.
Sensibilité haute. Ce crâne – frétillement des synapses – toutes les suppositions sont permises – aurait appartenu à la fille de l’Inca, d’amour pour le roi des airs fracassée, à l’âge de 15 ans, contre une falaise. Il l’avait dédaignée.
Ultime hommage par delà les âges, dans les clapotements transis et le tangage près d’une nef vaisseau spatial, vestige des plus hautes prières.
Une jeune fille éperdue d’amour, camouflée en objet lisse, anonyme, banalisé, nous sourit, et des effluves jaunes d’or et blanc de lys nous parcourent et nous revivifient.

Claudia Carlisky
Décembre 2005
Pour l’exposition de photos de Christelle Westphal
Sur la péniche Daphné amarrée devant Notre Dame à Paris


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