samedi 22 juillet 2017


été 2004
 
Le grain du papier,
la fine pluie d'or pur retombant dans le rai de lumière,
un silence de fin d'après-midi ;
l'apesanteur, le temps suspendu,
la blancheur carnivore du papier traversé de cratères,
légères boursouflures.
Ouverture.
Invitation au voyage.
La main. La fine pluie d'or pur. La lumière.
La suspension du temps.
Un geste, surgi du vide en appétit,
une orgie de couleurs giclées, déposées, orchestrées, trouve sa scansion, sa respiration.
L'irruption du geste et du sens.
Basculement.
La présence s'installe et se déploie, à l'oeuvre.

***

Une large salle.
Le musée d'Art Moderne.
Des tableaux monumentaux disposés sobrement.
De larges surfaces colorées, intenses, lumineuses.
Une cathédrale de lumière.
Présence.
Sollicitation vibratile de l'air.
Interpellation chromatique.
Apesanteur.
Sanctification par la rencontre peau à peau de toute la surface du corps
avec l'intensité iridescente de pure couleur.
Invitation au jeu.
Avancée pas à pas dans un dédale de caresses chromatiques.
Oranges – roses – blancs – rouges – noirs.
Formidable raccourci poétique de la matière picturale inventée par Rothko.
Prière muette.
Appel charnel de pur esprit.



29 novembre 2010




mercredi 27 janvier 2016

Claudia Carlisky - Tableau ; L'eau et les songes / Poème : L'eau des songes -

L'EAU DES SONGES

Sempiternelle, l'onde, brisée puis recouvrée, éternel gazouillis, giclée jaillie d'une brisure dans la roche, faille entaillée laisse couler bouillonnements d'aurore. Une déchirure irruption de l'arbitraire un phare braqué dans l'œil. Hébétude balbutiante, des lambeaux de chair palpitante encore dans ton giron béant ; sucée rapide tout est en place. Nappe à carreaux rouges et blancs, feinte amidonnée de l'habitude, gommées les nacres et les coraux, désossés les songes, alambiqués les rêves d'horizons diaphanes, boursouflées les chairs chéries, affaissées et pantelantes, désaxés les gestes, maltraités les mots, vrillés au plus profond, cachés, malades, désavoués. Irruption calibre dix mille ouates de l'arbitraire point aveugle, au centre, le tourbillon volubile éteint, muet, calfeutré, blessé, livide, gauchi, apeuré. Sur cette terre d'absence une indicible usurpation, l'identité ravie, la faille se creuse, la béance s'agrandit, l'irrémédiable erreur faite comme par mégarde, le pied broie la main de l'enfant sous son poids de certitudes. Les plaques s'éloignent, l'intensité de la lumière vrille l'œil, assourdit la volonté hébétée, le cœur palpite, l'eau du corps coule, coule, déserte, assèche, corrompt, polluée, en flaques d'absence se répand dans le sable qui l'absorbe. Entame, le temps tombe en morceaux. Les flèches dards ruissellent pures étamines, éclats d'ardeur recomposée, cinglant à travers ciels, assoiffées d'éternel, avides, ailes vives, avancent radars lancés fulminant d'étoiles comètes pourpres, paillettes iridescentes. Trompe l'œil. Etonnement, désaveu, la mue rend muette. Clame l'innocence. Eloignement involontaire. Comme agie, agitée, marionnette, absence. Les pas dans tes pas. Reviens. Prends place et grandis. Agis. Marche. Ample. Murmure. Chante. Le temps. Reprends place dans le temps. Reprends ta place dans le cours du temps. Dans la cour des grands. Exténuée.



http://www.oeuvrequiparle.com/AA2293

mardi 18 novembre 2014

EXPOSITION FLASH 4/7 DECEMBRE 2014- GALERIE ACTIVE-ART - LE VILLAGE SUISSE - PARIS


Claudia CARLISKY

Du 4 décembre au 7 décembre 2014



Galerie Active-Art

Vernissage, jeudi 4 décembre 2014 de 17h à 19h

LE VILLAGE SUISSE
54 avenue de la Motte Picquet
Paris 15 ème
Ouverture de 15 h à 19 h

M° 6, 8,10 – bus 80