dimanche 22 septembre 2019

EXTRAIT DE PLUS LOIN QU'AILLEURS,DE GABRIEL ARNOU-LAUJEAC SUIVI D'UNE TRADUCTION ESPAGNOLE PAR CLAUDIA CARLISKY

http://gabriel-arnoulaujeac.blogspot.fr/


DIMANCHE 12 AOÛT 2012


Plus loin qu'ailleurs (Gabriel Arnou-Laujeac) | Extrait traduit en espagnol par Claudia Carlisky


Claudia Carlisky, 
Concerto pour un visage
Fille du sculpteur Alberto Carlisky et de la plasticienne Mina Gondler, Claudia Carlisky est née à Buenos Aires en 1954 où elle réside jusqu'à l'âge de quatre ans. Après une enfance en France et une adolescence en Argentine, elle vit à Paris depuis 1975. Peintre, Claudia Carlisky expose régulièrement en France, en Suisse, en Italie et en Allemagne. Poète bilingue et mélomane, elle a participé à plus de 15 récitals de poésie et de musique dans un répertoire classique, notamment avec le trio Goodman composé de Igor Kiritchenko, violoncelle, Dimitri Khlebtsevitch, alto etCraig Goodman, flûte, à Paris et au Luxembourg. Elle publie dans des revues poétiques et des anthologies depuis 1978, et fut nominée lors du Concours Simone Landry pour son poème Le silence reviendra sur ses pas, le 8 mars 2010, dans le cadre de la journée internationale des femmes.  

Actualité poétique : Pas d'ici, pas d'ailleurs, Voix d'encre, 2012. 


EXTRAIT DE PLUS LOIN QU'AILLEURS, SUIVI D'UNE TRADUCTION ESPAGNOLE PAR CLAUDIA CARLISKY.      

La possession et la dépendance, l'euphorie et le manque, la fusion et l'absence sont des stupéfiants millénaires dont la faim est vaste – et dont la fin dévaste. 

Tant de ciel perdu.

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Claudia Carlisky : le bleu du ciel
Vous voulez être l’exception, vous n'êtes que la règle : le premier amour vide votre sac de billes pour les remplir d’étoiles, mais cet éclair brutal porte en lui la foudre qui les éteindra toutes une à une.

L'amour borde une dernière fois votre lit et vous donne le dernier baiser du grand soir.

Pourquoi ?

Pourquoi la passion n’échappe-t-elle pas au mouvement des marées, à la loi des contraires, au va-et-vient de l’ombre et de la lumière, à la mécanique imperturbable du déclin de toutes choses ici-bas ?

        Je demeure seul sans le pansement d'une parole, sans le calmant d'une réponse. Les mots ne pansent plus les maux, ils perdent provisoirement de leur magie, de leur superbe. Ils sont des oiseaux sans ailes, des flèches au souffle trop court qui retombent avant d'avoir atteint leur cible. J'erre seul sans elle dans le déni de sa vaine absence, comme un fantôme dans l’immensité trompeuse de temples en ruine.

Je dérive en silence, des jours et des lunes, sur la mer de servitude qui inonde chacune de mes cellules en deuil, avant d’échouer par la grâce du temps sur l’autre rive des amours mortes, ivre du roulis de ma douleur naufragée. En me levant, dos à la mer, face au soleil, j’entends les baguettes du futur rosser le tambour de mon cœur, comme si le temps jusqu’ici suspendu au vestige du passé frappait de nouveau à ma porte, m’ordonnant de lui ouvrir enfin, et de reprendre ensemble notre danse avortée.

Je dois renaître de ce battement imperturbable, maintenant. Regagner le temps perdu à chercher ce qui n'est plus, ce qui n'est pas. Me lever, me reconstruire dans le vide et dans l'urgence d'un désespoir libératoire : dans la reddition de mes illusions sur l'autre, sur moi, sur l’éternité. Je sais désormais que la passion est exclusive, fusionnelle, psychotrope, mais que l'essentiel est la durée qui lui échappe, le temps qui l'écharpe.

J’accepte ce qui est : ce que je crois être. Ce désespoir blanc, fruit paradoxal d’une pulsion vitale, me délivre de la prison du manque : le manque est là, mais plus ici. Du moins brûlé-je de m’en convaincre, avec l’impatience de ceux qui doutent encore.

Plus tard, la rage d'embrasser la multitude se propage dans l'or de mes cellules, quand j’entends monter dans la gorge de l’absurde, ce cri d’impuissance qui m’arrache au long sommeil des sens :

« Puisque tout est transitoire, je les aimerai toutes. Et aucune. ».

C’est ainsi que le désir ralluma pour moi son flambeau, pour moi tout entier criant femmine...(...)...


COPYRIGHT © 2012 Gabriel Arnou-Laujeac, SACD



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Extracto 


(...) La posesión y la dependencia, la euforia y la falta, la fusión y la ausencia son estupefacientes milenarios cuya hambre es vasta y cuyo fin devasta.

Tanto cielo perdido.


 Quisieran ser la excepción, sólo son la norma : el primer amor vació su cajón de los juguetes para llenarlo de estrellas, pero esta chispa fugaz oculta el rayo que finalmente las apaga  a todas, una por una.

¿ Por qué ? 

¿ Por qué nuestra pasión no escapa al movimiento de las mareas, a la ley de los contrarios, al vaivén de la luz y de la sombra, a la mecánica imperturbable de la caída de todas las cosas en este mundo ? 

         Me quedo solo, sin el bálsamo de una palabra, sin el consuelo de una respuesta. Las palabras ya no curan los males, pierden su magia, su soberbia. Son pájaros sin alas, flechas   sin aliento,   que vuelven a caer antes de haber alcanzado el blanco. Vagabundeo sin ella negando su  vana ausencia, vagando como un fantasma en la inmensidad engañosa de templos en ruina.

Voy a la deriva en silencio, dias y lunas, sobre el mar de servidumbre que inunda cada una de mis celulas en duelo, antes de llegar por la gracia del  tiempo a la otra orilla de los amores muertos, ebrio por el balanceo de mi dolor naúfrago. Al levantarme, de espaldas al mar, de cara al sol, oigo los palillos del futuro apalear el tambor de mi corazón, como si el tiempo hasta aquí suspendido al vestigio del pasado, llamara de nuevo a mi puerta,  ordenandome abrirle  al fin  y retomar juntos nuestra danza inconclusa.

Debo renacer de ese latido imperturbable, ahora mismo. Recuperar el tiempo perdido buscando lo que  no es más, lo que no es. Levantarme, reconstruirme en el vacío y en la urgencia de una desesperanza  liberadora, renunciando a mis ilusiones sobre el otro, sobre mí, y  la eternidad. Sé, de ahora en más, que la pasión es exclusiva, simbiótica, adictiva, pero que lo esencial es la duración que se le escapa, el tiempo que la pulveriza.

Acepto lo que es : lo que creo que es. Esta desesperanza blanca, fruto paradójico de una pulsión vital, me libera de la prisión de la falta : la falta esta ahí, pero ya no aquí. Por lo menos trato de convencerme de ello, con la impaciencia de los que siguen dudando.

Mas tarde, la rabia de abrazar la multitud se propaga en el oro de mis celulas, cuando oigo resonar,  en la garganta de lo absurdo este grito de impotencia que me arranca del largo sueño de los sentidos : 

« Ya que todo es transitorio, las amaré a todas. Y a ninguna. » 

Así fue como el deseo volvió a encender su antorcha para mí,  con todo mi ser gritando hembruna...(...)...



                                                                                                                                                                 


Mina Gondler, Oiseau - Soleil
Les corbeaux menacent encore le ciel, 
Claudia Carlisky, 1989. Poème inédit.

Les corbeaux menacent encore le ciel.
De quel chemin de croix me parlent-ils ?
De quel sommeil aux songes pourpres
M'annoncent-ils l'expiation ou d'un linceul propitiatoire
Le baiser perfide et fallacieux de l'abandon ?
Palpitent et pépient, pépites dans mon lit
Se lient et me délient de tout délit commis.
Palpite sans raison mon coeur à l'unisson.
Le champ du ciel obscur s'ouvre enfin
Et du songe noir et rouge, de l'onde
Sort l'étendard blanc et bleu de ciel.
De l'azur nous toucherons la transparence
Et dans l'ordre des choses retiendrons l'immanence.


Claudia Carlisky, Eclosion III, 
Triomphe ou l'unité retrouvée


Claudia Carlisky, Le Seuil







A propos d'Alberto Carlisky et de Mina Gondler :



mardi 4 décembre 2018

Publication dans Les carnets d'Eucharis de Nathalie Riera

http://lescarnetsdeucharis.hautetfort.com/archive/2011/01/06/claudia-carlisky-peintre-et-poete.html?fbclid=IwAR19QJop7d8KAKMzU2_a1Yl0MPR4d2zgZ02DVD9B2UB_N-hHZXF-sUgDBG8#more

mardi 20 juin 2017





Le grain du papier,
la fine pluie d'or pur retombant dans le rai de lumière,
un silence de fin d'après-midi ;
l'apesanteur, le temps suspendu,
la blancheur carnivore du papier traversé de cratères,
légères boursouflures.
Ouverture.
Invitation au voyage.
La main. La fine pluie d'or pur. La lumière.
La suspension du temps.
Un geste, surgi du vide en appétit,
une orgie de couleurs giclées, déposées, orchestrées, trouve sa scansion, sa respiration.
L'irruption du geste et du sens.
Basculement.
La présence s'installe et se déploie, à l'oeuvre.

***

Une large salle.
Le musée d'Art Moderne.
Des tableaux monumentaux disposés sobrement.
De larges surfaces colorées, intenses, lumineuses.
Une cathédrale de lumière.
Présence.
Sollicitation vibratile de l'air.
Interpellation chromatique.
Apesanteur.
Sanctification par la rencontre peau à peau de toute la surface du corps
avec l'intensité iridescente de pure couleur.
Invitation au jeu.
Avancée pas à pas dans un dédale de caresses chromatiques.
Oranges – roses – blancs – rouges – noirs.
Formidable raccourci poétique de la matière picturale inventée par Rothko.
Prière muette.
Appel charnel de pur esprit.


                                                                                                                                    Claudia Carlisky
                                                                                                                                     Eté 2004

mercredi 27 janvier 2016

Claudia Carlisky - Tableau ; L'eau et les songes / Poème : L'eau des songes -

L'EAU DES SONGES

Sempiternelle, l'onde, brisée puis recouvrée, éternel gazouillis, giclée jaillie d'une brisure dans la roche, faille entaillée laisse couler bouillonnements d'aurore. Une déchirure irruption de l'arbitraire un phare braqué dans l'œil. Hébétude balbutiante, des lambeaux de chair palpitante encore dans ton giron béant ; sucée rapide tout est en place. Nappe à carreaux rouges et blancs, feinte amidonnée de l'habitude, gommées les nacres et les coraux, désossés les songes, alambiqués les rêves d'horizons diaphanes, boursouflées les chairs chéries, affaissées et pantelantes, désaxés les gestes, maltraités les mots, vrillés au plus profond, cachés, malades, désavoués. Irruption calibre dix mille ouates de l'arbitraire point aveugle, au centre, le tourbillon volubile éteint, muet, calfeutré, blessé, livide, gauchi, apeuré. Sur cette terre d'absence une indicible usurpation, l'identité ravie, la faille se creuse, la béance s'agrandit, l'irrémédiable erreur faite comme par mégarde, le pied broie la main de l'enfant sous son poids de certitudes. Les plaques s'éloignent, l'intensité de la lumière vrille l'œil, assourdit la volonté hébétée, le cœur palpite, l'eau du corps coule, coule, déserte, assèche, corrompt, polluée, en flaques d'absence se répand dans le sable qui l'absorbe. Entame, le temps tombe en morceaux. Les flèches dards ruissellent pures étamines, éclats d'ardeur recomposée, cinglant à travers ciels, assoiffées d'éternel, avides, ailes vives, avancent radars lancés fulminant d'étoiles comètes pourpres, paillettes iridescentes. Trompe l'œil. Etonnement, désaveu, la mue rend muette. Clame l'innocence. Eloignement involontaire. Comme agie, agitée, marionnette, absence. Les pas dans tes pas. Reviens. Prends place et grandis. Agis. Marche. Ample. Murmure. Chante. Le temps. Reprends place dans le temps. Reprends ta place dans le cours du temps. Dans la cour des grands. Exténuée.



http://www.oeuvrequiparle.com/AA2293

mardi 18 novembre 2014

EXPOSITION FLASH 4/7 DECEMBRE 2014- GALERIE ACTIVE-ART - LE VILLAGE SUISSE - PARIS


Claudia CARLISKY

Du 4 décembre au 7 décembre 2014



Galerie Active-Art

Vernissage, jeudi 4 décembre 2014 de 17h à 19h

LE VILLAGE SUISSE
54 avenue de la Motte Picquet
Paris 15 ème
Ouverture de 15 h à 19 h

M° 6, 8,10 – bus 80

mercredi 6 novembre 2013

Traspaso el silencio - 30 de septiembre 2013





Traspaso el silencio en un desahogo arrebatado a la ausencia, cansada de trasnochar en inquebrantables clamores vanos, tesoros teluricos grabados en el penultimo teclado antes del ahogo.
Te quise desdeñablemente. Te olvido. Irrumpis detras de los retratos en pie pintados en tu retina desteñida. Como si nada las palabras renuncian tartamudeando apenas y se desvanecen en el amanecer o antes de medianoche, quien sabe... Tanta neblina. Sopor y desahogo... Deshaciendo ausencias. Cocodrilos acechando. Larga larga ausencia. Como quien dice, palabrota. Melancolia.

De tanto trasnochar feliz flotando las uñas nubiles como nubes deshechando clamores en un tedioso olvido. Alivio. Tesoro de juventud en remate maloliento. Miseria y claudiquera. La lengua pegada al paladar pesadamente sosa. Tanto gesto desteñido. Tanta palabra vana. El tiempo en mil hojas pegadas desvaneciendose. No. Irrumpe el habla. Irrumpe temprana. Pulgares del habla cosechan brotes de liviandad, de amaneceres. Amaneceres radiantes. Sin calosidad sin cansancio. Cojeando iba arrastrando desdicha. Pulmones secos polvo y ceniza. Cabizbaja. Tanto sinsabor.  

mercredi 21 août 2013

Quelques enregistrements - Août 2013

Les textes des poèmes  que je lis dans ces vidéos se trouvent sur la page correspondant à 2010 à droite du blog.

Laissez-moi la beauté tutélaire



Idéogramme amoureux



Sur le tranchant de l'aube





Quelques éclats de sel sur le bout de la langue - A Audriel



Les corbeaux menacent encore le ciel


jeudi 4 juillet 2013

Article d'Emilie Notard sur Claudia Carlisky



CARLISKY, Claudia
1954 (Buenos Aires, Argentine)
Poétesse, peintre et traductrice. Fille du sculpteur argentin A. Carlisky. A passé sa petite enfance en Argentine, son enfance
en France et son adolescence en Argentine (Buenos Aires). S'est fixée en 1975 à Paris, où elle vit toujours. A été initiée à la danse par M. Marini, à la peinture par M. Davila et au théâtre par R. Villanueva et J.-G. Nordman. A été profondément marquée par le travail corporel du danseur Tanaka Min. A publié en français des livres d'artistes, où poèmes et créations picturales se côtoient ; a aussi publié des poèmes dans l'annuaire hispano-américain de poésie Aerea, dans l'anthologie Écritures de femmes d'Amérique latine en France ainsi que dans diverses revues de poésie. A participé à des lectures publiques et à des récitals qu'elle a organisés avec des musiciens classiques, comme le trio Goodman. A pris part à une trentaine d'expositions individuelles et collectives en Europe. Nominée au Concours Simone Landry à l'occasion de la Journée Internationale des
Femmes en 2010.
C. C. a quitté à deux reprises son pays natal pour la France : la première fois avec son père, qui avait choisi Paris pour son rayonnement artistique, et la seconde fois, toujours avec son père, un an avant l'arrivée au pouvoir de J. R. Videla, au moment où l'intelligentsia quittait l'Argentine pour les ÉtatsUnis ou l'Europe. Cependant, le profil de C. C. ne correspond pas à celui de l'artiste émigré, thématisant son déchirement entre son pays d'accueil et son pays d'origine ; dans ses poèmes et ses tableaux, C. C. n'aborde en effet ni les périodes difficiles vécues en Argentine ni sa relation avec la
France et la langue française, sauf dans certains poèmes rédigés peu après son départ de Buenos Aires
en 1975. Dans ces poèmes, parus dans Concerto pour un visage, le mot 'exil' est rare. C'est même, paradoxalement, par l'omission de ce terme que C. C. exprime son exil dans ce recueil : il est sous-entendu dans l’épigraphe d’E. Jabès, ainsi que dans l'unique poème en espagnol, où elle exprime son
malaise existentiel à travers la distorsion des couleurs ; entre autres, un bleu dilué semble traduire sa douleur face à son double exil : à l’exil géographique en France s’ajoute un dépaysement historique dans un Paris bien différent de celui qu'elle avait connu.
Bien que C. C. écrive la plupart du temps en français – comme en témoignent ses livres d'artiste –, elle
cultive une certaine relation avec l'Argentine et avec sa langue maternelle, l'espagnol, sans pour autant
en faire sa priorité. La présence de l'Argentine dans ses œuvres plastiques et poétiques est discrète. On
la remarque dans le fait que l'UAPA (Union des Artistes Plasticiens Argentins) a publié en 1992 son
premier ouvrage ; mais on la retrouve aussi au détour de certains tableaux comme « Tango » (1994,
huile et pastel bleu sur papier noir, 30,5 x 24 cm), ou encore à l’occasion de certains événements
auxquels elle participe ou qu'elle organise, comme son exposition réunissant 13 peintres argentins aux
Temps du Corps, à Paris, en juin et juillet 2009. Quant à sa langue maternelle, elle la cultive en
traduisant P. Poblete ou en écrivant directement en espagnol, comme c'est le cas avec le poème évoqué
plus haut, ou encore avec « Sobre el corazón de la cosas y otros poemas » et « Fuente vertical », parus
en version bilingue dans le numéro 5 d'Aerea, annuaire hispano-américain de poésie.
Le thème de l'exil, la question linguistique et identitaire, tout comme son appartenance à la
communauté d'artistes argentins vivant en France – dont elle fit automatiquement partie en tant que
fille du grand sculpteur argentin A. Carlisky – ne constituent que des aspects secondaires dans ses
œuvres. Au lieu de se focaliser sur l'expérience de la migration, la démarche lyrique et picturale de C. C. consiste à s'interroger sur l'existence. Sa réflexion se présente sous la forme d'une trajectoire allant de l'ombre à la lumière, passant d'une matière fermée, muette, aveugle et sourde à une matière ouverte, où tous les sens sont en alerte. Cette métaphore de l'être-au-monde débouche sur « le souffle,
l'énergie et la passivité active », souligne-t-elle dans sa biographie publiée sur le site du Manoir des Poètes ; elle donne lieu à une vitalité qui fait de la matière une présence vivante et tangible orientant mots, couleurs, gestes et sons vers un syncrétisme générique dont elle fait son principe esthétique. Qu'ils soient ou non accompagnés d'une création picturale, les poèmes de C. C. requièrent toute notre
attention sensorielle : la palette de couleurs et de nuances, la symphonie de sons et la chorégraphie des corps qui traversent ses mots mêlent peinture, musique et danse à la poésie. Pensons aux poèmes « Laissez-moi la beauté tutélaire », publié sur le site du Manoir des Poètes, et « Source verticale », publié sur le site Resonancias, ou encore au poème-peinture « Offrande », un inédit analysé par
A. Dujovne Ortiz en 2007. En même temps, C. C. renforce cette fusion des arts, en permettant au lecteur et au spectateur d'établir des correspondances entre poème, musique et peinture ; dans ses carnets d'artiste, elle juxtapose poèmes et créations picturales sans jamais considérer les uns comme illustration des autres puisque, pour elle, l'écriture et la peinture sont deux modes d'expression à part entière. Lors de ses récitals de poésie, elle interprète ses poèmes sur fond sonore, faisant coïncider ses
mots avec la musique du Trio Goodman ou du harpiste J. Marcou. Les passages qui s'ouvrent ainsi entre les arts permettent au souffle de circuler et confèrent à ses poèmes une tonalité aérienne et lumineuse. Dans son besoin d'élan, d'envol et de mouvement, C. C. réussit à échapper – et ses poèmes avec elle – au poids des peines que subissent bien des exilés pour évoluer vers la joie, la grâce et,
surtout, la beauté, l'amour et l'extase mystique.
Emilie NOTARD
ŒUVRES
Poésie
Concerto pour un visage. [s.l.], UAPA (Union des Artistes Plasticiens Argentins), 1992. – Incantation. Lilas de tes blessures.
Paris, Ateliers Betsalel, 1994. – Les mille miroirs se découragent. Paris, Ateliers Betsalel, 1994. – J'accuse. Paris, Ateliers
Betsalel, 2000. – Idéogramme amoureux. [s.l.], [s.i.], 2001. – « Sobre el corazón de la cosas y otros poemas » et « Fuente
vertical/Source verticale ». In: Aerea 5 (2002), 291-293 [« Poesia francesa actual: Latinoamericanos y franceses en Paris »]. –
« Laissez-moi la beauté tutélaire » (2000). In : http://www.lemanoirdespoetes.fr/poemes-claudia-carlisky.php (01.07.2010).
RÉCEPTION CRITIQUE
Dujovne Ortiz, Alicia : « Claudia Carlisky entre la matière et la loi » (2007). In :
http://www.resonancias.org/content/read/648/claudia-carlisky-entre-la-materia-y-la-ley-en-espanol-y-frances-por-aliciadujovne-ortiz/(04.07.2010), 
s.p. – Moréchand, Laurence : « Claudia Carlisky ». In : Femmes Artistes-International 3 (hors-série), s.p.
SITES
http://www.printempsdespoetes.com/index.php?rub=poetheque&page=14&url=http://www.printempsdespoetes.com/poetheque/index.php?fiche_poete%26cle=347%26nom=Claudia%20Carlisky (01.07.2010)
http://bi.adagp.fr/IB/index.php (01.07.2010)
http://claudiacarlisky.blogspot.com/ (17.10.2010)

L. Subramaniam : Double Concerto - Movement II Et Shantipriya

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=RCPOlVF2cJA#at=1112

mercredi 3 juillet 2013

Paris, 3 juillet 2013

Et lorsque l'évidence du Nom nous transfigure, le monde s'ordonne alors inexorablement. Dès lors, chaque mot devient flèche, lance, pierre ou caresse, tenant sa juste place, à travers soi. Claudia Carlisky

vendredi 1 mars 2013

Pierre sur pierre -

Textes inspirés par une photographie de Didier Manyach
le 19 janvier 2013


Coeur battant
Coeur silex
Coeur à coeur
Pierre sur pierre
battant
Soleil silex
Au coeur de la pierre
Une langue noire palpite
Palpite la pierre
Au coeur du coeur de pierre
Palpite posée au coeur de la pierre
Lovée
Membranée
Gerçures de pierre
Palpite étourdie
Pierre noire sur pierre blanche
Pierre lumière
Lampées sourdes Lampées de pierre
et d'eau, éclats de terre
Giclée de pierre-lumière


19 janvier 2013

Blanche la pierre
De cette virgule noire
A coeur d'être
In - Fusion
Polis-sage
Abra- sion
Pierre à pierre
Arrimage
A gorge déployée

dimanche 28 octobre 2012

http://www.delitteris.com/au-fil-des-pages/pas-dici-pas-dailleurs/

Extrait de l'article émouvant paru sur De Litteris à propos de l'Anthologie Pas d'ici, Pas d'ailleurs qui sera présentée le 31 octobre 2012 à 19 h 30  à La lucarne des écrivains, 115 rue de l'Ourcq, dans le 19 ème arrondissement.

http://www.delitteris.com/au-fil-des-pages/pas-dici-pas-dailleurs/

"Elles sculptent des blancs mallarméens, elles pétrissent le rythme, elles forgent des voies narratives, elles jonglent des mélodies, elles glanent la beauté du monde, elles errent le verbe hors frontière, hors sexe. Elles pluralisent une même langue, qu’elles détrempent parfois d’autres vocables-territoires, elles disent l’infinité des chemins de l’intime et de l’autre, elles étrangent le familier et apprivoisent le dehors. Elles maçonnent l’encre en fumées de sons, elles expérimentent les recoins saillants du verbe et les contours fuyants des silences. Elles brassent l’imaginaire contemporain comme les figures d’antan, elles convoquent l’hors-temps de l’enfance comme la modernité brutale, elles disent l’arbre, le ruisseau, l’océan agité comme l’amertume du béton et la solitude des villes. Elles traversent les ombres errantes comme les rayons frêles, dévident le glossaire des soupirs comme des cris rieurs. Elles rapiècent le conte au réel, l’absence et la présence pure, le corps et ses fantômes, le chant et la matérialité des choses. Elles salivent les ruines, elles ébrèchent l’enfance, elles tessonnent le proche, elles étoilent le lointain. Elles lyrisent, elles assènent, elles effacent, elles ressassent, elles fissurent, elles faillent, elles lient, elles renouent, elles brisent, elles griffent, elles biffent, elles incantent, elles suggèrent, elles élancent… Elles-poésies."

samedi 27 octobre 2012

http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/anthologie-pas-d'ici-pas-d'ailleurs/matthieu-baumier

Une très belle critique de Matthieu Baumier , parue dans Recours au Poème, sur l'Anthologie poétique francophone de voix féminines contemporaines, "Pas d'ici, Pas d'ailleurs" à laquelle j'ai participé, et qui sera présentée Mercredi 31 octobre 2012, à Partir de 19 h 30, à La lucarne des écrivains, 115 rue de l'Ourcq, dans le 19 ème à  Paris, par Sabine Hynh, Angèle Paoli et Aurélie Tourniaire,en présence de nombreuses poètes de l'Anthologie.

http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/anthologie-pas-d%E2%80%99ici-pas-d%E2%80%99ailleurs/matthieu-baumier